Revue La - Numéro 7
Comme l’architecture, l’identité n’est ni acquise ni immuable. Elle est une construction façonnée dans le temps, couche après couche, usage après usage. À l’image d’un bâtiment reposant sur des fondations solides mais marqué par ses transformations, l’identité s’inscrit dans une histoire tout en intégrant le présent et en s’ouvrant vers l’avenir. Bien plus que l’art de bâtir, l’architecture devient ainsi un vecteur d’expression de cette identité en constante évolution. En architecture, chaque projet interroge ce qui doit être affirmé, préservé, transformé ou parfois oublié. L’identité aussi se joue dans cette tension entre continuité et rupture. Elle est à la fois mémoire et invention, ancrage et mouvement. Concevoir un espace, c’est interroger non seulement une fonction, mais aussi une manière d’habiter, de se reconnaître et de s’inscrire dans un contexte culturel, social et territorial. Bâtir, c’est alors prolonger une mémoire collective tout en laissant place à l’appropriation, à l’adaptation et à la réinvention.
Cette septième édition de la Revue LA explore ces nuances et ces tensions fertiles. Les articles réunissent des voix variées d’architectes, étudiants, réalisateurs et historiens qui interrogent la manière dont l’identité se manifeste et se transforme à travers l’architecture. Les uns rappellent que bâtir, c’est prolonger une mémoire collective ; les autres montrent qu’habiter, c’est aussi se réapproprier, adapter, réinventer. Ensemble, ils éclairent l’idée qu’identité et architecture sont indissociables, parce qu’elles relèvent toutes deux d’un même processus : celui de donner forme à ce que nous sommes et à ce que nous voulons devenir.
Notre objectif n’est pas de figer une définition de l’identité ni d’en proposer une lecture exhaustive. Cette édition souhaite avant tout ouvrir des débats et nourrir la réflexion, dans une posture attentive à la fois au passé, au présent et aux perspectives d’avenir. C’est dans cet entre-deux, entre continuité et transformation, que se joue pleinement la responsabilité des architectes.
Nous remercions chaleureusement les auteurs et autrices qui ont nourri cette réflexion, la direction de la filière d’architecture de la HEIA – FR pour son soutien constant, ainsi que le comité scientifique pour son accompagnement attentif tout au long de cette édition.